

​Voici quelques textes et idées qui ont influencé ma pratique et m'inspirent au quotidien
L'Approche Systémique
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Extrait du site de l'EFTA (association européenne de thérapie familiale)
"Qu’est ce que la Thérapie Familiale et la Pratique Systémique ?
La thérapie familiale s’intéresse aux problèmes que présentent des personnes dans le cadre de leurs relations avec les personnes significatives de leur entourage et de leurs réseaux sociaux. Il s’agit d’une approche psychothérapeutique reconnue qui vise principalement le système familial en tant qu’unité sociale contrairement aux autres approches psychothérapeutiques telles que les thérapies psychodynamiques ou la thérapie cognitivocomportementale qui se focalise sur l’individu. La thérapie familiale a pour but par exemple : l’amélioration du fonctionnement familial à différents niveaux, la revalorisation de la compréhension mutuelle et du soutien émotionnel entre les membres de la famille, le développement des compétences afin de résoudre les problèmes auxquels la famille est confrontée.
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La perspective systémique voit les problèmes d’un individu sous l’angle de la relation avec les différents contextes dans lesquels il vit: c’est-à-dire comme partenaire dans une relation de couple, comme membre d’une famille, en tant que personne avec des loyautés particulières dans le domaine religieux et/ou culturel, tout en tenant également compte des circonstances socioéconomiques et du contexte politique. La pratique systémique regarde le “contexte” comme primordial pour le développement psychologique et le bien-être émotionnel de la personne. [...]
Une personne peut trouver dans la famille un soutien important mais celle-ci peut aussi être un source de détresse, d’incompréhension et de douleur. Dans ce cas, la thérapie familiale et la pratique systémique peuvent se révéler utiles chaque fois que l’objectif est d’améliorer les compétences des membres de la famille pour se soutenir l’un l’autre. Permettre aux membres de la famille d’utiliser leurs ressources de manière plus efficace en se soutenant l’un l’autre peut être crucial pour traverser les étapes de transition dans le cycle familial ou les événements stressants de la vie tels qu’une maladie grave ou la mort d’un proche.
De façon générale, chaque situation ou problème qui affecte les relations entre les membres de la famille ainsi que le fonctionnement familial et son rôle structurant, peut tirer bénéfice de la thérapie familiale systémique. De façon similaire, tout problème qui affecte la vie d’une personne, en lien avec ses relations familiales et les contextes plus larges, gagnera à être travaillé avec l’approche systémique. Impliquer d’autres personnes de la famille ou du réseau social d’un individu en traitement évite les risques de pathologisation. Cela permet aussi d’aborder le problème plus efficacement."
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De nombreux praticiens, chercheurs, penseurs de cette approche m'ont donné envie de faire ce métier. Parmi eux, Mony Elkaïm, Guy Ausloos, Edith Goldbetter et bien d'autres. Voici quelques-uns de leurs propos :
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G. Ausloos :
"Lorsqu'il consulte, le patient a besoin de sentir notre disponibilité ; ensuite, il a besoin de temps pour changer."
"Faire de la thérapie n'est pas résoudre des problèmes ou corriger des erreurs mais se plonger dans le mystère des familles et de la rencontre."
"Une famille ne peut se poser que des problèmes qu'elle est capable de résoudre."
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G. Bateson : "On ne peut pas ne pas communiquer"
M. Elkaïm :
"La logique du "qui a tort ? qui a raison ?" est insidieusement perverse car elle suppose que, si l'un a tort, l'autre a forcément raison : elle fonctionne comme un système binaire. Or, c'est précisément de cette façon de voir les choses qu'il faut s'efforcer de sortir. Ce n'est pas parce que j'ai raison que l'autre a tort. Reconnaître qu'il a ses raisons ne revient pas à me donner tort. Et même si j'ai raison, le vécu de l'autre m'est important, et je dois le reconnaître. Je ne peux pas juger l'autre à mon aune personnelle. Si je veux le rencontrer, je dois le faire dans son altérité."
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R. Neuburger :
"Le mot "crise" n'est pas négatif, il signifie : "le passé est mort et le futur n'est pas encore né" (Antonio Gramsci). Les crises sont engendrées par des changements qui nécessitent une redéfinition des relations entre les humains. Un des changements les plus importants qui soit intervenu est, à mon sens, la liberté de choix considérable dont dispose actuellement chacun de nous en ce qui concerne ses investissements en matière de couple et de famille."
E. Goldbetter : "Les absents font partie de nos familles, qu'ils soient silencieux ou secrets, pesants ou légers."
L'Approche Narrative
L’approche narrative s’intéresse aux histoires que les personnes peuvent se raconter ou raconter aux autres sur leur vie, souvent centrées sur des problèmes, et les accompagne à faire émerger des histoires alternatives, davantage focalisées sur les ressources, potentiels et réussites.
Un des postulat central de cette approche est que « la personne est experte de sa vie ». L’intervenant n’est donc pas là pour lui dire d’où elle vient ni où elle devrait aller mais bien pour l’amener à explorer d’autres récits pour s’émanciper des problèmes qu’elle rencontre et redevenir « auteur de sa vie ». Michaël White (co-inventeur de cette approche avec David Epson) disait d'ailleurs : « les personnes possèdent toujours plus d’expériences réelles en elles pour résoudre leurs problèmes, que tout autre personne".
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Un préalable à cela est que la personne puisse se reconnaître le droit, et que les autres (intervenants, société…) lui reconnaissent le droit, de raconter sa vie avec ses mots à elle, de formuler ses besoins, d’évoquer ses propres projets etc…
Voilà « la charte des droits de narration » rapportée par David Denborough dans son ouvrage intitulé « Redécouvrir les histoires de notre vie » (ed. Satas) :
Article 1 : Toute personne a le droit de qualifier ses expériences et ses problèmes au travers de ses propres mots et selon ses propres termes.
Article 2 : Toute personne a le droit à ce que sa vie soit comprise à la lueur du contexte de son vécu, des épreuves traversées ainsi que de sa relation aux autres.
Article 3 : Toute personne a le droit de convier d’autres qui comptent à ses yeux, à s’impliquer avec elle dans le processus de reconquête de sa vie face aux effets de l’adversité.
Article 4 : Toute personne a le droit d’exclure de l’intérieur de son être les problèmes provoqués par des traumatismes et des injustices, et de ne pas les considérer comme des défaillances en elle. La personne est la personne, le problème est le problème, la personne n'est pas le problème".
Article 5 : Toute personne a le droit d’être reconnue dans les efforts qu’elle déploie face à l’adversité. Personne n’est passif face aux épreuves. Toute personne oppose une résistance. Toute personne s’insurge face à l’injustice.
Article 6 : Toute personne a le droit de voir ses stratégies et ses compétences de survie respectées, honorées et reconnues.
Article 7 : Toute personne a le droit de savoir, et d’en faire l’expérience, que les compétences apprises dans l’adversité peuvent apporter une contribution à la vie d’autres personnes traversant des situations similaires.
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Carl Rogers et le courant humaniste
C. Rogers a développé l'Approche Centrée sur la Personne. Voici un extrait du texte intitulé : "Voici cette autre personne, mon client"
« J'ai un peu peur de lui, de pénétrer ses pensées qui sont en lui, comme j'ai un peu peur des profondeurs qui sont en moi.
Pourtant, en l'écoutant, je commence à éprouver un certain respect pour lui, à sentir que nous sommes parents.
Je devine combien son univers lui paraît terrifiant, quelle tension il met à essayer de le contrôler.
Je voudrais sentir ses impressions, qu'il sache que je le comprends.
Je voudrais qu'il me sache près de lui, dans son petit univers compact et resserré, capable de regarder cet univers sans trop de frayeur.
Je puis peut-être le lui rendre moins dangereux.
J'aimerais que mes sentiments dans ce rapport avec lui soient aussi clairs et évidents que possible, afin qu'il les reçoive comme une réalité discernable à laquelle il pourra retourner sans cesse.
Je voudrais entreprendre avec lui cet effrayant voyage en lui-même, au sein de la peur ancrée en lui, de la haine, de l'amour qu'il n'a jamais réussi à laisser l'envahir.
Je reconnais que c'est un voyage très humain, et imprévisible pour moi, aussi bien que pour lui, et je risque, sans même savoir que j'ai peur, de me rétracter en moi-même devant certains des sentiments qu'il découvre.
Je sais que cela imposera des limites dans ma capacité à l'aider.
Je me rends compte que ses propres craintes peuvent par moment l'amener à voir en moi un intrus, indifférent et repoussant, quelqu'un qui ne comprend pas.
Je veux accepter pleinement ses sentiments en lui, tout en espérant que mes propres sentiments éclateront si clairement dans leur réalité qu'avec le temps, il ne pourra manquer de les percevoir.
Et surtout, je veux qu'il rencontre en moi une personne réelle.
Je n'ai pas à me demander avec gêne si mes propres sentiments sont "thérapeutiques".
Ce que je suis et ce que je sens peut parfaitement servir de base à une thérapie, si je sais "être" ce que je suis et ce que je sens, dans mes rapports avec lui de façon limpide.
Alors il arrivera peut-être à être ce qu'il est, ouvertement et sans crainte. »
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